HOMEOLOOK, homéopathie, science et médecine ... blog de Philippe Marchat

15 juin 2018

ANNONCE D'UN CONGRES SCIENTIFIQUE INTERNATONAL A LONDRES SUR LA STRUCTURE DE L'EAU ET L'HOMEOPATHIE

             Juste une petite information apportant son filet d'eau dans les discussisons et polémiques récentes. 

           Le 14 juillet 2018 aura lieu à Londres un congrès international, intitulé (en anglais) "New Horizons in Water Science, Evidence for Homeopathy?”, soit, traduit par mes soins en français, en respectant l'esprit (plus que la lettre) du titre et du thème du congrès, "De nouveaux horizons sicientifiques sur la structure de l'eau : une preuve en faveur de l'homéopathie ?". 

          Ce congrès aura lieu à la "Société royale de médecine " à Londres. 

           Ces travaux concerneront et feront l'état des lieux sur "L'évolution rapide des découvertes concernant la structure de l'eau et ses implications pour la science". Autrement dit, cela reprend la question dite de "La mémoire de l'eau". 

            Deux prix Nobel seront présents et présenteront leurs recherches sur le sujet. Le professeur Luc Montanier, prix Nobel de médecine et le professeur Brian D Josephson, prix Nobel de physique. Plusieurs autres professeurs de différentes disciplines scientifiques seront présents et feront état de leurs travaux. 

           Je donne, pour ceux qui seraient curieux d'y jeter un coup d'oeil, l'adresse qui conduit à la présentation du congrès (en anglais). https://thesciencetheevidence.co.uk/

           A à côté de cela, bien évidemment, le discours imbécile qui va répétant qu'aucune donnée scientifique ne plaide en faveur de l'homéopathie ne cesse d'être repris partout. Et, tout aussi évidemment, pas le moindre écho n'est et ne sera donné à cet évènement scientifique, parmi bien d'autres, par une presse et des medias qui ont joué, avec beaucoup de complaisance, le rôle de caisse de résonnance pour les tribunes rédigées par d'obscurs inconnus contre l'homéopathie.

            

        

 

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07 juin 2018

DE LA RADICALISATION ET DE L’INTEGRISME MÉDICAL

          Les attaques répétées de ces derniers semaines contre l‘homéopathie, leur teneur, leur violence et, surtout, les appels répétés à la mise au ban des médecins homéopathes jusqu’a la demande par certains de retirer aux médecins homéopathes leur titre de médecin et, donc, le droit d’exercer la medecine m’ont donne à penser. Et la motivation des auteurs de ces attaques, voulant empêcher les trop nombreux patients attirés par l'homéopathie de s’egarer hors de la voie de la vérité médicale « officielle » m’a confirmé dans l’analyse suivante.

         On assiste, là, ni plus ni moins à la dérive religieuse moderne vers la radicalisation et l’intégrisme de minorités agissantes défenseuses d’une lecture simpliste et absolutiste du monde et de leur croyance. Car c’est bien de croyance qu’il s’agit, ici, en médecine. De la croyance de ces inquisiteurs d’’être les élus et les gardiens du temple médical. De leur croyance d’avoir en charge le sort de la médecine et l'orthodoxie de ce qu’ils croient être sa vérité immuable et éternelle. 

         Pour eux, l’homéopathie est une hérésie, les patients qui y recourent des brebis égarées et trompées par ces hérétiques homéopathes. Hérétiques à éliminer bien sûr. Et qu’est ce que retirer son titre de médecin à un confrère homéopathe sinon l’excommunier et le bannir de la communaute commune ?

          N’est-il pas étrange et, au final, particulièrement ironique, et profondément ridicule, de voir ces médecins qui tentent, dérisoirement, de s'ériger en défenseurs de la scientificite et de la rationalité medicales faire preuve de tant d’esprit partisan, de les voir, à ce point, aveuglés par leur passion ? Passion, ne nous y trompons pas, non pas de la vérité mais passion de se croire seuls détenteurs de celle-ci. Passion, quoi qu'ils en disent, non pas de la défense de l’intérêt des patients mais désir féroce d'asseoir leur autorité sur ceux-ci leur et de les contraindre à leur obéir, à se défaire de l'orgueilleuse outrecuidance de s’imaginer être capables de juger et choisir par eux mêmes comment ils souhaitent être traités.       

          Decidement, l’obscurantisme est de retour et semble avoir de « beaux » (sic) jours devant lui.

          Nous reste donc, praticiens et patients soucieux de notre libre arbitre, à suivre notre voie avec détermination et confiance. Sans nous laisser impressionner par les rodomontades d’integristes qui ne s'énervent et s'agitent, ainsi, que parce qu'ils sentent que le monde leur échappe. Parce qu'ils sentent et voient, jour après jour, que « leur » monde, qu'il voudrait figé et immuable, devient, chaque jour, un peu plus caduque. 

 

          

       

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12 mai 2018

DOMINER LA NATURE OU EN ETUDIER TOUTE LA RICHESSE ?

Le post précédent me fait rebondir sur la question de l'efficacité en médecine. Les travers que j'ai souligné, précédemment, sur la conception allopathique de celle-ci peuvent, aussi, être éclairés du point de vue des pensées occidentales et extrêmes orientales. L'occident se caractérise par la volonté de "plier" le réel au bon vouloir de l'homme. "Se rendre maitres et possesseurs de la nature" comme disait Descartes. D'une manière quelque peu similaire, ce qui caractérise la technique pour Heidegger est sa capacité d'"arraisonnement", c'est à dire de convoquer le réel à se soumetre à la raison. Il y a là une sorte de "jeu de mot" qui dit bien les choses; la technique fait rendre raison au réel, au monde, à la vie, elle le prend à l'abordage (comme on arraisonne un bateau, sa cargaison) pour le soumettre. 

De ce point de vue, l'efficacité, en médecine moderne, se fonde plus sur la capacité d'obtenir le résultat souhaité (par exemple, faire baisser le taux de cholestérol d'un patient) sans une réelle et profonde réflexion tant sur la pertinence dudit résultat visé (est-ce vraiment si bénéfique ?) que sur la recherche d'une authentique utilité pour le patient (les patients vivent-ils vraiment plus longtemps et en meilleure santé avec un cholestérol abaissé ?)

Il est certain que c'est cette volonté folle de dominer le monde qui a permis les plus grandes découvertes occidentales. Il a fallu cette mégalomanie, cette terrifiante "volonté de puissance" pour inventer l'électricité, le téléphone, les voitures, les avions, aller sur la lune, produire de l'électricité par voie nucléaire,  mettre au point des vaccins, développer la chirurgie, effectuer des greffes d'organes, etc. Si l'occident avait été animé d'un respect "sacré" pour le monde, la nature et la vie, rien de tout cela n'aurait été possible. 

Il n'est donc pas question de dénigrer les apports de la science occidentale. Juste d'en souligner les limites très réelles qui nous font négliger toute une dimension du réel. Aussi ne peut-on qu'inviter à conjoindre à celle-ci une approche plus en "harmonie" avec la nature et les processus de la vie. Ce à quoi j'essaire de m'employer au plan théorique, ici, et sur le site "homéophilo". Ce à quoi, aussi, exerçant la médecine avec comme outils l'allopathie, l'homéopathie et l'acupuincture, j'essaie, quotidiennement, et modestement, de m'employer en pratique. 

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29 avril 2018

DE LA LOYAUTE ET DE LA RIGUEUR DANS L'EVALUATION

      L'homéopathie doit, bien sur, comme toute thérapeutique, être évaluée. Sans complaisance mais sans soupçon. Avec rigueur mais loyalement. 

      De nombreuses étude et essasi ciniques existent d'ores et déj. Plusieurs centaines. Lui sont ils favorables ou défavorables ? Les interprétations divergent. ce qui est sur, c'est que ces essais ne permettent pas, à ce jour, de véritablement trancher. Pourquoi ? Il est clair que ces essais présentent, c'est le moins qu'on puisse dire, de grandes faiblesses. Faiblesses tenant, à la fois, à la faiblesse constitutives des principes de toute évaluaion actuelle d'une part et faiblesse, d'autre part, dues à l'inappropriation complète des standards actuels d'évoluation à l'objet-homéopathie. Je m'explique. 

      - Il faut être bien naïf pour ne pas voir la médiocrité de l'évaluation clinique moderne. Ses deux défauts principaux sont  d'être une évaluation extrêmement limitée dans le temps (on teste un traitement sur quelques semaines puis il est prescrit de sannées durant) et d'être une évaluation "hors sol", dirai-je, c'est à dire en conditions de laboratoires qui n'ont strictement rien à voir avec la vraie vie, celle dans laquelle sera effectuée, ensuite,  la prise de ces médicaments.D'où les catastrophes régulières qui surviennent après la mise sur le marché de médicaments prescrits pendant des années entières à des millions de patients prenant de nombreux autres médicaments de substances qui ont été testées, quelques mois, sur quelques centaines de patients ne prenant rien d'autre. 

      - Par ailleurs, nous l'avons vu, l'homéopathie a une action globale, positive sur plusieurs "cibles" à la fois (tension artérielle + asthme + insomnie par exemple).  Il n'y a aucun sens à vouloir lui imposer une évaluation sur une seule de ces cibles sans minimiser de façon majeure son efficacité. De plus, comme le traitement, pour une affection donnée, variera d'un sujet à l'autre, il est totalement non rigoureux de vouloir imposer des essais évaluant tel ou tel médicament homéopathique dans une indication donnée. C'est absurde. 

      Ceux qui accusent, régulièrement, l'homépathie de ne pas avoir fait la preuve de son efficacité et exigent qu'elle se soumette à une méthode d'évaluation qui ne tient aucun compte de ces caractéristiques sont donc d'une mauvaise foi surprenante. Car une évaluation scientifique est, avant tout, une évaluation adaptée à son objet.

      Il me semble, parfois, que nous nous trouvons dans la situation suivante. L'homéopathe dit avoir découvert une nouvelle planète. L'allopathe, incrédule, lui tend un microscope et lui dit "montrez-moi là" ..."vous voyez bien, vous n'y arrivez pas, on ne la voit pas au microscope ... vous mentez" ...

      Cherchez l'erreur ...

 

 

 

 

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25 avril 2018

TOUS LES MEDICAMENTS ONT UNE ATION GLOBALE ...

      En homéopathie, chaque médicament possède une action globale et peut agir aussi bien sur des problèmes cutanés, articulaires, gynécologiques que rhumatologiques ou nerveux. Cela semble, parfois étrange. Voire, pour certains critiques, farfelue et impossible. Pourtant, les médicaments allopathiques eux mêmes possèdent, tous, une action globale sur l'ensemble de l'organisme. 

      Il n'est d'ailleurs que de parcourir une notice de médicament allopathique pour prendre conscience de cette action globale de l'allopathie. L'on voit alors que tous les appareils, organes et tissus de l'organisme sont concernés. A côté de l'effet thérapeutique recherché se développent donc de nombreux autres effets non désirés et, pour cela, dits indésirables. Mais ce n'est pas parce que ces signes et effets sont indésirés qu'ils sont moins réels et moins obligatoires.

      Bien sur, chaque patient ne présentera pas tous les effets globaux, désirés et indésirés, de chaque médicament mais chaque patient en présentera, qu'il s'en rende compte ou non, plusieurs à chaque fois. 

      Homéopathie et allopathie ont donc toutes les deux une action globale sur l'organisme. La différence entre elles est que l'action globale de l'homéopathie est, parce qu'elle vise à la rééquilibration biologique, pratiquement sans  effets négatifs, dits indésirables, tandis que l'allopathie, parce qu'elle "contraint" l'organisme, développe un effet visé positif et de nombreux effets collatéraux négatifs, dit indésirables. 

       Nous verrons la prochaine fois les conséquences à tirer de cela au plan de l'évaluation de l'allopathie et de l'homéopathie. 

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09 avril 2018

PETIT INTERMEDE QUI ILLUSTRE LA GRANDE FIABILITE DE L'EVALUATION DES MEDICAMENTS ALLOPATHIQUES

           Avant de poursuivre ma petite série de textes de reflexion en réponse aux 124 accusateurs de l'homéopahie, j'ai décidé de m'offrir, et de vous offrir, un petit intermède de lecture facile. Facile et distrayante ... enfin, si l'on peut dire.

          Où en étions-nous ? Ah oui. La tribune contre l'homéopathie exigeait le déremboursement des médicaments homéopathiques, voire une interdiction faite aux médecins d'exercer l'homéopathie. Sur quelle base ? En raison de l'absence d'essais cliniques prouvant l'efficacité de l'homéopathie. Absence d'efficacité qui contraste, on l'aura compris, et nos chers "tribuns" le disent explicitement, avec l'efficacité des médicaments allopathiques qui, eux, disposent d'essais cliniques en établissant solidement la preuve.

           Je propose donc à mes lecteurs de prendre connaissance de ce que l'on trouve à la page 1051 du dictionnaire VIDAL. La notice concerne un médicament d'usage cardiologique, à visée anti-aryhtmique. Ce médicament est présenté comme indiqué pour deux types de troubles du rythme cardiaque (je passe sur les nuances techniques pour ne pas perdre le lecteur non médecin) .L'information que je vous communique concerne une des deux indications, c'est à dire un des deux troubles du ryhtme) et est écrite, non seulement noir sur blanc, mais dans un encadré pour qu'on y fasse bien attention car elle est très importante Que lit-on ? Voici. 

           "Ce médicament  a été testé dans un essai multicentrique randomisé en double aveugle (...). L'incidence de la mortalité et des arrêts cardiaques non mortels sous ce traitement a été supérieure à celle observée dans le groupe sous controle placebo". Première information donc : ce médicament a tué des patients et a, aussi, provoqué des arrêts cardiaques non mortels donc, je traduis, qui ont pu etre réanimés car, spontanéement, sans réanimation, tout arrêt cardiaque est mortel. Deuxième information ensuite, toujours bien encadrée : "Il n'existe pas d'essai controlé mettant en évidence un effet bénéfique de ce médicament en termes de survie ou de mort subite". Traduction : ce médicament ne sert à rien dans cette indication. 

            CQFD : est donc inscrit, de façon bien encadrée, l'information essentielle suivante.  Ce médicament qui est indiqué pour tel type de trouble du rythme cardiaque n'a jamais fait la preuve de la moindre efficacité réelle dans ce type de trouble et, de plus, provoque des décès chez les sujets traités. On croit rêver.

            Certains lecteurs auront, peut être, du mal à y croire mais, comme souvent, la réalité dépasse la fiction. Et oui, ce n'est pas parce qu'un médicament n'a aucun intérêt thérapeutique et qu'il peut tuer le patient qu'il est retiré de la vente.En tout cas, dans le cas d'un médicament allopathique. 

            J'ajoute que ce médicament est quotidiennement prescrit et, bien sur, remboursé (à un taux supérieur à celui des médicaments homéopathiques ! en raison de son grand intérêt thérapeutique sans doute) par notre chère sécurté sociale. 

           Je me demande ce que pensent nos censeurs (au premier rang desquels un cardiologue d'ailleurs, quelle ironie !) du remboursement d'un médicament (certes allopathique) qui, non seulement est inefficace mais peut provoquer un décès chez les patients traités.

            Que disaient ils déjà ? Ah oui ...Il faudrait interdire ... l'homéopathie ...

 

(à suivre) (et vous pouvez faire circuler, si vous en avez envie, l'adresse de ce blog) ...

 

 

 

 

 

 

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05 avril 2018

2) LA DERIVE ANTI-EMPIRISTE DES SCIENCES MODERNES

          Une conseur et amie espagnole, Paz Ojeda, m'a adressé un message de soutien, tenant à manifester sa solidarité avec les médecins homéopathes français. Elle me signale qu'en Espagne, les choses sont encotre pires et écrit. "La presse, la télé, les partis politiques, l'Ordre, les gens dans la rue, sous influence, tous sont contre l'homéopathie, c'est comme un incendie ... mais pourquoi ? Nous n'en connaissons pas les vraies raisons". Cette remarque est essentielle. En effet, pourquoi tout cela ? 

          Je n'ai pas la prétention de connaitre ces raisons. Qui sont, sans doute, multiples. On pense, bien sur, aux manoeuvres des grands laboratoires pharmaceutiques (qui voient d'un très mauvais oeil que de plus en plus de patients se tournent vers une thérapeutique au cout dérisoire, deux euros le tube, et donc aux bénéfices potentiels idoines), à la jalousie de certains confrères allopathes, à la frustration d'une communauté médicale et scientifique qui sent monter a défiance du public à son égard. Ce point est très actif, sans doute, et je viens de lire en ligne, des précisions des membres du collectif fake.med. à l'origine de la tribune anti-homéopathie qui affirment, aveu fort instructif, qu'ils ont lancé cette tribune car, je cite, "nous avons tous constaté la defiance croissante de la population envers la médecine dite "conventionnelle ... Ce phénomène de rejet se fait en parallèle de la montée des "médecines alternatives et complémentaires". Il leur fallait, j'imagine, sauver la "population" contre sa bêtise et, à défaut de pouvoir la convaincre de revenir, d'elle même, dans le droit chemin, tenter de lui rendre l'accès à des médecins "alternatifs" impossible. J'y reviendrai. 

           Mais on sous estime, on ignore même complètement, le plus souvent, le fait capital, la raison majeure suivante qui entre, pour beaucoup, dans l'animosité féroce et surprenante que suscite l'homéopathie. Qui permet, surtout, de comprendre pourquoi nous nous retrouvons éternellement "piégés" dans des polémiques stériles, empêchés de nous exprimer (car ces accusations permanentes ont pour but essentiel de nous empêcher de présenter la nouveauté de notre approche), sommés de répondre à des injonctions menaçantes.

          Tout ceci, en fait, ne prend tout son sens que dans le cadre assez récent, quelques dizaines d'années, d'une dérive anti-emiriste de la science. Les grands mots sont lachés mais je vais les expliciter pour que tout soit bien clair. J'emprunte cette expression à la philosophe des sciences Isabelle Stengers qui, parmi d'autres livres, a écrit, avec le Prix Nobel de chimie 1997, Ilya Prigogine  un ouvrage unanimement saluée à l'époque, "La nouvelle alliance".

         Le livre dont je tire l'analyse et l'expression de "dérive anti-empiriste de la science" s'intitule, lui, "L'invention des sciences modernes". Cette expression signifie que les sciences modernes se caractérisent, par le fait, totalement nouveau dans l'histoire des sciences, du refus de  prendre en considération les faits bruts, c'est à dire les faits que le réel peut imposer mais qui ne rentrent pas, d’ores et déjà, dans un cadre scientifique reconnu. Il est clair que nous sommes ici au coeur de la "malédiction" de l'homéopathie. 

          De fait, les "hautes dilutions" que nous utilisons sont au centre de la tourmente. Nous savons tou qu'au delà de la 9 CH, on ne peut plus trouver de molécules de la substance prescrite dans les granules. Ce n'est pas rien, reconnaissons-le. Pour autant, cela ne devrait pas être rédhibitoire car si l'homéopathie est efficace et active, ce que des dizaines et des dizaines de milliers de médecins ont constaté et constatent, au quotidien, comme des dizaines et dizaines de millions de patients,depuis plus de deux siècles, il suffirait à la science de s'atteler à la question pour en découvrir les explications.Puisque la science a découvert les secrets du génome et de tant de choses, il n'y a aucune raison qu'elle ne trouve pas les secrets de l'action de l'homéopathie. Si seulement, elle s'y attelait. Et c'est là que l'analyse d'Isabelle Stengers est essentielle à connaitre car la science moderne, justement, n'a aucune intention de s'y atteler. 

           Car, désormais, la science s'arroge le droit de décider des faits qui méritent son examen. Les autres, elle ne se contente pas de les laisser de côté mais les disqualifie en les déclarant faux, trompeurs, illusoires et mensongers ce qui la dispense de révéler qu'elle ne cherche que sur ce qui l'inreresse a priori et non sur tout ce qui pose question.Car si le citoeyn savait qu'elle ne cherche que ce qu'elle veut bien chercher, il pourrait la rappeler à ses devoirs. 

           Or, comme la philosophe des sciences le rappelle, pendant longtemps, depuis Claude Bernard notamment, il était admis que « les idées hardies, libres, inventives, mènent la science, organisent l’expérience[». les faits bruts, surprenants, étranges étaient, donc, dignes du plus grand intérêt. 

           Avec l'invention des sciences modernes, un changement majeur s'opère et la science, désormais, se détourne systématiquement des faits dérangeants qui ne se pré-inscrivent pas d’emblée dans une théorie scientifique. Il faut comprendre que c'est ceci, le refus de la science actuelle d'être sommée d'expliquer ce qui, à ce jour, reste inexplicable (l'action des hautes dilutuoions homéopathiques), qui fait qu'on nous oppose, sans cesse, avec une mauvaise foi évidente, que l'homéopathie ne marche pas, qu'elle est inefficace et ne satisfait pas aux critères d'évaluation cliniques, etc. car il faut convaincre tout le monde que le fait brut homéopathique n'existe pas. 

            En effet, reconnaitre à l'homéopathie la moindre efficacité aurait pour conséquence immédiate de mettre la science devant son devoir de l'expliquer. En clair, le discours serait : "puisque l'homéopathie est efficace, il faut maintenant expliquer son mode biologique d'action". Or c'est précisément ce que la science actuelle ne veut pas faire. Sortir des sentiers battus et être contrainte de réfléchir à une voie d'action alternative à la seule voie moléculaire jusqu'ici explorée en biologie et médecine.  

           Dès lors, comme s'en inquiète Isabelle Stengers, « énoncé lourd de conséquences : seule une théorie peut défier une théorie ». En clair à nouveau : aucun fait non déjà inscrit dans une théorie scientifique ne peut aujourd'hui, obliger la science à se remettre en question. Ce qui signifie que les théories installées et reconnues se sont immunisées contre les faits bruts.

           Ainsi, ce qui est nouveau, depuis quelques décennies, ajoute la philosophe des sciences, c’est que les faits ont perdu « le pouvoir de faire s’écrouler un édifice théorique". Et c'est bien de cela qu'il s'agit avec l'homéopathie.Le fait brut homéopahtique ne doit pas exister, pas être reconnu. Car il est menaçant pour la seule théorie, moléculaire, alors explorée. 

           Il est particulièrement piquant de noter que, le livre ayant été écrit dans la fin des années 1980, Isabele Stengers écrive, dès les touts premières pages de son livre.  « Un épisode récent de la vie des sciences suffit à attirer l’attention sur ce point. Lorsque Jacques Benveniste publia, au cours de l’été 1988, son article controversé sur « la mémoire de l’eau », certains critiquèrent aussi bien ce scientifique que la reuve Nature, l’un pour avoir proposé, l’autre pour avoir accepté de publier la constatation d’un « fait brut».

            Et de rappeler  que la critique essentielle n’a pas portée sur la véracité des faits mais sur leur absence d’explication a priori. Car, poursuivent-elles, «Beaucoup d’autres ont eu, était il affirmé ou sous entendu, l’occasion de constations de ce genre, mais tous se sont abstenus de publier, ne disposant pas et ne pouvant imaginer de théorie plausible capable de donner un sens à un tel fait ».  Et d’ajouter : « l’impuissance du fait tend désormais à prendre valeur de règle (…). Bientôt, peut être, certaines revues scientifiques énonceront-elles, en tant que règle officielle, qu’elles n’acceptent plus de publier que les « bons » faits, ceux qu’une théorie plausible autorise[». Pour conclure : « c’est peut être ce que l’empirisme pouvait conserver de puissance subversive qui sera bientôt (…), par les lois explicites de la cité scientifique, contraint de disparaître ».

           En résumé, nous devons, dans la défense de notre de notre dscipline et de son intérpêt pour la santé des patients et leurs droit de se soigner selon leurs choix, affirmer, haut et fort, que tout est mis en oeuvre pour nier le fait homéopathique, son action. Et il nous faut oser dire que c'est fait pour une raison essentielle, à savoir éviter aux scientifiques de se pencher sur une question qui ne les intéresse pas a priori.Or, n'est-ce pas le devoir de la science d'expliquer le réel, qu'il lui "plaise" ou non ? 

          Il faut, aussi, être cosncient, qu'aujourd'hui, la science est, très largement, ce qui est très nouveau et un autre trait des sciences modernes,  une activité "sponsorisée", financée. Michel Serres écrivait, ainsi, il y a quelques années : "Tout le monde, aujourd'hui, cherche sur programmes, et cherche donc la même chose". Ce qui est éminemment pertinent. Nombreuses, malgré tout, même si peu audibles, sont les voix qui s'inquiètent du peu d'innovation scientifique de ces dernières décennies par rapport aux découvertes, sans grands moyens financiers, du début du tournant XIX-XX° siècles par exemple : Relativité, physique et mécanique quantique, etc. Car à tous chercher la mêm chose, on ne trouve pas grand chose de nouveau. 

            Tout le monde cherche, donc, sur programmes, aujourd'hui, sur programmes financés par de grands groupes industriels (et pharmaceutiques en médecine) qui n'ont aucune  raison de vouloir que les équipes scientifiques perdent leur temps (et leur argent) dans des domanies nouveaux et peu rentables. Il conveint d'exploiter à fond, comme toujours, les gisements connus, c'est à dire les chmaps scientifiques bien établis. 

            Dans ce livre, isabelle Stengers souligne, aussi, que la médecine moderne a créé une nouvelle espèce de patients. Elle les appelle "les malades qui guérissent pour de mauvaises raisons". Espéce à laquelle appartienent à n'en pas douter, les patients se soigant par homéopathie qui ont le mauvais gout de "guérir" quand ils ne le "devraient" pas. 

              Pour conclure, peut être, pourrait-on, aussi, répondre aux perpétuels accusateurs de l'homéopathie que leur acharnement à la présenter comme étant totalement inefficace (car même une efficacité modérée obligerait la science à s'atteler à l'explications de l'action biologique des hautes dilutions) tient, surtout, à la peur que les hautes dilutions homéopathiques suscitent dans la communauté scientifique, au refus des sciences modernes de prendre en compte le fait brut homéopathique qu'elles ses trouvent, aujourd'hui, incapables d'expliquer. Or, pourrions-nous leur rappeler, ce faisant, elles démissionnent devant leur devoir scientifique, devant, même, leur raison d'être. 

 

(à suivre) 

 

 

 

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03 avril 2018

1) RAISON OU PASSION SCIENTIFIQUE ?

      Tout d'abord merci pour vos nombreux messages d'encouragement et de solidarité. Cela fait chaud au coeur. Beaucoup d'indignation et d'incompréhension s'est exprimée.

     On a, en effet, du mal à saisIr le pourquoi d'une telle agression en règle contre l'homéopathie. Praticiens et patients de "médecine douce", nous n'avons guère le gout de l'agresssion gratuite. Pour autant, nous n'avons pas l'intention de rester inertes et de laisser dire n'importe quoi. 

     Reste donc à s'atteler à la question et chercher à y voir un peu plus clair, à saisir les enjeux et les arrière-plans de tout cela. Autant dire que nous sommes  partis pour une dizaine de petits (pour être plus digestes") textes d'éclaircissements, qui reprendront les choses point par point.

      Je ne m'attarderai pas sur les signataires de cette "tribune" contre l'homéopathie. Il n'est pas question de se lancer dans des attaques ad hominem.Nous allons au contraire, de notre côté, essayer d'élever un peu le débat. Disons juste que ce sont de vieux adversaires de l'homéopathie. Disons, aussi, cela saute d'ailleurs aux yeux, qu'ils sont particulièrement remplis de suffisance, totalement sûrs d'avoir raison, d'être du côté de la vérité et de l'intégrité intellectuelle.

      En tant que "vrais" scientfiques, ils doutent donc de tout, (du moins veulent-ils nous le faire croire) sauf d'eux mêmes. Ils n'hésitent pas à excommunier et jeter les anathèmes. Leur grande référence, le glaive qui leur permet de toujours trancher, sans sourciller, et sur tout sujet, sont les données de la science, le recours à la méthode scientifique. Comment pourrions nous nous opposer à cela, La science ? 

      Mais nous ne voulons pas nous opposer à la science, que nous apprécions à sa juste valeur. La question est plutôt : mais quelle est leur conception de la science ? Que vaut leur référence à la méthode scientifique ? Dans quelle conception de la rationnalité se drapent-ils pour réfuter les autres, les renvoyer dans les cordes et les traiter de charlatans et de praticiens indignes de la médecine ? La science est-elle à ce point monolithique, si uniforme, pour qu'il n'y ait de place que pour la conception qu'ils en ont ? En un mot, leur posture est-elle si rigoureuse, si objective, si soucieuse de vérité ? 

     Voyons cela et invitons les à méditer une pensée de Michel Serres que je tire du livre collectif "Elements d'histoire des sciences" dont il a dirigé la rédaction.

  

                  "LA RAISON DANS L'HISTOIRE SAVANTE RESSEMBLE A UNE NAIVETE""

 

      Il veut dire par là que croire que la connaissance scientifique est le fruit d'un patient et serein travail de la raison, toujours effectuée dans le seul souci de vérité, c'est être bien naïf et complètement ignorant de l'histoire des sciences. Les vérités scientifiques se sont imposées, parfois lentement, parfois rapidement, mais le plus souvent au prix de combats, de luttes et d'affrontements particulièrement violents. 

       Et la position de juges et/ou d'arbitres que tentent de prendre nos récents homéophobes n'est qu'une imposture, qu'une mascarade. Ils sont, non pas les détenteurs du vrai ou ses représentants neutres et désintéressés mais les défenseurs d'un "camp", d'une vision, parmi d'autres, de la médecine et de la pratique médicale. De la vision qui croit (et j'y reviendrai dans un texte futur) que les lois mathématiques qui s'appliquent avec justesse aux objets inanimés peutven s'appliquer, sans problème ni distorsion, au vivant. Qui ne réalise pas qu'entre le vivant et l'inanimé il y a un monde. Qui croit que la rigueur des calculs statistiques effectués dans les essais clinqiues sur des êtres humains a une valeur prédictive et une fiablité certaine. 

      Oui, ce sont les représentants d'une vision médicale qui, pour peu que l'on respecte le formalisme des essais clinqiues en double aveugle (et je reviendrai sur cette question aussi plus tard), trouve que l'on a respecté les critères scientifiques, que l'on est conforme à la Science et que, donc, la messe est dite.

      Messe qui a, effectivement, été dite, en 2000-2004, par exemple, pour 60.000 personnes tuées dans le monde par un nouvel anti-inflammatoire, le Vioxx, qui, d'après les essais cliniques effectuées, avec toute la rigueur possible (?), s'avérait devoir être particulièrement bien toléré. Rappeleons que 160.000 autres personnes ont développé des infarctus et des AVC avec ce médicament au même moment. 

     A-t- on entendu nos chers homéophobes (qui distillaient déjà leur venin dans ces années là contre l'homéopahtie) crier au scandale, à la trahison de la science ? Pas du tout. Ont-ils demander à ce que l'on retire leur tritre de médecin aux "experts qui avaient validé ce médicament particulièrement sûr ? Bien sur que non, non plus. Ceux-ci, forts de leurs  essais cliniques, étaient d'authentiques scientfiques, irréprochables donc. Deplus, comme souvent, le Vioxx a provoqué une hécatombe dans le monde entier ... sauf en France. 

      En guise d'arbitres et d'experts neutres soucieux du bien public, ces chers homéophobes sont surtout des défenseurs passionnés et partisans (ce qui est bien leur droit) d'une vision particulièrement fermée et rétrograde de la médecine qu'ils croient être la seule vraie. Et qui, bien évidemment, n'est pas la seule vraie. 

     Rappelons qu'en tant que médecins homéopathes, nous ne risquons pas de croire détenir La vérité puisque nous sommes, par définition,le fruit d'une double culture, au minimum, d'une formation classique Et homéopathique. Pour bien connaitre mes confrères et amis, je pense pouvoir dire, en leur nom, que nous savons tous qu'il existe, de surcroit, encore d'autres dimensions "vraies" du vivant.

      Puis-je avouer qu'il m'arrive de me demander si nous ne serions pas plus scientifiques et plus rationnels que beaucoup. 

 (à suivre : "La dérive anti-empiriste de la science moderne")

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Posté par Tabamircho à 15:25 - Commentaires [2] - Permalien [#]

31 mars 2018

UN PROGRAMME DE RAISON ET D'OUVERTURE EN REPONSE AUX ATTAQUES HAINEUSES CONTRE L'HOMEOPATHIE

Une tribune récente, écrite au vitriol, par des médecins s'auto-proclamant gardiens du temple de la science médicale, tribune relayée complaisamment par certains medias, s'en prend avec violence à l'homéopathie et demande, ni plus ni moins, outre le déremboursement des médicaments homéopathiques, que les médecins exerçant l'homéopahtie, qu'ils traitent de charlatans, soient déchus de leur titre de médecin. On a rarement vu plus agressif et totalitaire. On se félicite, au passage, que les camps n'existent plus car on frémit devant de tels excès et une telle haine venant de la part , faut-il le rappeler, de supposés confrères (sic). Hélas, nul débat avec ce type d'agresseurs n'est possible puisque, pour eux, l'homéopathie est une ennemie à abattre. 

J'ai donc décidé de reprendre ma plume et d'effectuer, dans la durée, un travail d'élucidation de ces polémiques insensées. Cela passera par un indispensable travail de présentation de l'homéopathie, avec rigueur et, autant que faire se peut, sans esprit partisan. Travail, aussi, de confrontation et d'articulation de l'homéopathie aux données sicentifiques, médicales et biologiques. Par où l'on verra, aussi,  que l'homéopathie peut ouvrir à la science  de nouveaux horizons et l'enrichir de manière profitable pour tous. Travail, enfin, de réflexion sur le lien qu'elle entretient, ou non, avec les données les plus récentes de la biologie et de la science. 

Nous verrons donc, au fil des textes, les problèmes scientifiques que l'homéopathie pose, effectivement, à la science. Je rappellerai, cependant, que, poser des problèmes à la science, ne signifie pas être non scientifique pour autant, ou devoir être reléguée, de manière a priori, au rang de pratique sans rigueur ni fondement. Il s'agira, d'un côté, de considérer les comptes que l'homéopathie a, évidemment, à rendre à la science et, de l'autre, de renvoyer la science à son devoir d'élucidation des faits, qu'ils lui plaisent ou non. Car la science oublie trop qu'elle a un devoir d'élucidation du réel tel qu'il est et non tel que certains scientifiques (et d'autres qui se réclament de la science, plus ou moins indument) le voudraient.

Je répondrai, bien évidemment, aussi, aux critiques et accusations portées contre l'homéopathie. Avec précision et sérénité. 

Tout ceci sera, enfin, l'occasion de réfléchir et interroger notre rapport à la biologie, à la médecine et, aussi, à la place que la science a pris, à tord ou à raison, ou à tord et à raison, dans notre univers moderne. 

Je terminerai en rappelant l'entière admiration que j'ai pour les sciences modernes et pour les avancées prodigieuses de la biomédecine. Et en rappelant, aussi, que j'ai choisi d'apprendre et pratiquer l'homéopathie, EN PLUS de l'appproche biomédiale apprise durant mes études de médecine. J'ai écrit EN PLUS, car cette "double" formation ne s'est pas effectuée en délaissant la biomédecine, et encore moins contre elle.

Je pense, d'ailleurs, que ce qui suscite la hargne, voire la haine, de certains de nos confrères allopathes est, précisément, cette double formation. Si nous n'étions pas médecins, de la même façon qu'eux, ils pourraient, en toute bonne conscience, nous mépriser et  nous renvoyer à notre inculture médicale. Or, le scandale, l'insupportable, pour eux, est bien, qu'ayant la même formation médicale qu'eux, nous ne trouvions pas celle-ci suffisante, aussi indispensable soit-elle. Que nous pensions nécessaire d'enrichir cette compétence d'une approche supplémentaire. D'où cet appel à nous déchoir de nos titres de médecins. Pour qu'eux seuls, désormais, puissent se revendiquer de ce titre. Pour qu'eux seuls soient habilités à dire ce qui est juste en médecine. Pour qu'un seul discours médical s'impose à tous, sans contestation ni même nuance ou variation.

Loin de cet esprit sectaire, j'essaierai donc, pour ma part, de faire saisir la complémentarité qui existe entre homéopathie et biomédecine et tout l'intérêt que nous aurions à savoir concilier et marier ses deux approches. 

Posté par Tabamircho à 23:38 - Commentaires [4] - Permalien [#]

25 septembre 2016

De l'usage matérialiste de la méditation (deuxième méandre)

      La méditation s'est, semble-t-il, solidement installée dans notre univers et nous est proposée, désormais, de toutes parts, pour nous sentir mieux, améliorer notre concentration, nous déstresser, mieux gérer nos inquiétudes, etc. 

      En médecine, son apprentissage est régulièrement  inclus  à titre de la formation continue. Pour compléter l'approche médicale pharmacologique, et offrir, ainsi, un outil à enseigner aux patients pour mieux gérer leur stress et dans des pathologies aussi variées que la dépression, l'anxiété chronique, la "gestion" des douleurs de certains maladies physiques (rhumatismes inflammatoires, cancers, etc.). John Kabat Zinn l'a introduite, depuis une trentaine d'années, non sans succès, dans l'univers médical américain où la pratique de la pleine conscience, très codifée, est bien intégrée dans les hopitaux. Je ne peux, en tant que médecin, que m'en réjouir car la "pleine conscience", autre nom de la méditation, est d'une aide réelle, face aux difficultés physqie ou psychique, pour qui y consacre le temps et le changement nécessaire d'attitude par rapport aux choses. 

      Cependant, force est de constater que, comme toujours, ce type d'introduction d'approches nouvelles ne va pas, dans son ensemble, sans une certaine dénaturation et sa transformation en simple "technique", en simple outil. 

      Par où l'on voit que notre époque est réellement celle du règne de la technique. En effet, les applications techniques ont révolutionné notre univers ( de la pilule contraceptive à l'informatique, du développement des moyens de transport moderne, de la télévision, des facilités de chauffage, aux techniques de procréation assistée et à la mise en réseau du monde entier, etc.) et rendu possible tout un tas de choses, pas seuleemnt imaginables en rêve auparavant, et elles ont profondément modifié notre rapport habituel au monde, aux autres et à nous mêmes. Nous ne parlons pas à notre voisin mais "communiquons", ou jouons à des jeux virtuels, avec des inconnus de l'autre bout du monde. Beaucoup vivent autant, voire davantage, par l'intermédiaire des réseaux sociaux que dans leurs relations "en chair et en os" avec leurs amis. La communication moderne dévalue tout discours politique construit et argumenté (que plus grand monde n'a, ni l'envie, ni, désormais, la "capacité" d'entendre, tenté de zapper qu'il est, dès 2 ou 3 minutes d'un discours insuffisamment captivant) et fait toute la place aux petites phrases (encore trop longues) et aux tweets désormais, etc. Enfin, la planète s'est rétrécie à la taille du village global et beaucoup vivent, désormais, dans l'attente de la nouvelle version de telle ou telle application ou tel ou tel appareil connecté. 

       Tout ceci pour dire que la méditation qui suppose, dans son authenticité, de changer son attitude face au monde et aux évènements, a, largement, été transformé en nouvelle technique de développement personnel, très largement "vendue" comme un moyen de vivre mieux, plus, plus intensément, moins stressé, plus heureux, plus joyeux, plus performant, etc. Bref, au rebours même de son véritable esprit. Loin de nous aider à nous défaire de notre ego, de cesser de ne penser quà nous, de chercher à avoir toujours plus, de refuser le monde tel qu'il est et de le faire selon nos désirs, beaucoup de ses propagandistes la dénaturent en en faisant un instrument au service de l'augmentation de nos satisfactions et de nos intérêts. 

      Il ne servirait à rien de se désoler de cet état de fait. D'autant plus que, pour rester dans notre sujet, il s'agit d'"accepter" le réel tel qu'il est. De le changer si l'on peut mais de l'accepter sinon. S'en indigner, protester, serait aussi inutile qu'inefficace. 

      J'y vois, pour ma part, l'occasion d'être vraiment conscient de l'état actuel de notre civilisation, de sa capacité à "récupérer" et "recycler" toute contestation et alternative dans le processus technique d'augmentation des profits et des "gains" matériels. 

      J'y vois, aussi, une "raison" de ne pas s'inquiéter du statut contesté de l'homéopathie aujourd'hui. Son "officialisation" n'irait pas sans une dénaturation certaine. Alors, être ou ne pas être "reconnue" ? Ce n'est, peut être, pas aussi essentiel que cela ... quoique ...

      

 

 

 

 

Posté par Tabamircho à 13:52 - Commentaires [1] - Permalien [#]