L'AIR DU TEMPS, HOMEOLOOK, la vie, l'époque, l'homéopathie, la médecine, la société

25 septembre 2016

De l'usage matérialiste de la méditation (deuxième méandre)

      La méditation s'est, semble-t-il, solidement installée dans notre univers et nous est proposée, désormais, de toutes parts, pour nous sentir mieux, améliorer notre concentration, nous déstresser, mieux gérer nos inquiétudes, etc. 

      En médecine, son apprentissage est régulièrement  inclus  à titre de la formation continue. Pour compléter l'approche médicale pharmacologique, et offrir, ainsi, un outil à enseigner aux patients pour mieux gérer leur stress et dans des pathologies aussi variées que la dépression, l'anxiété chronique, la "gestion" des douleurs de certains maladies physiques (rhumatismes inflammatoires, cancers, etc.). John Kabat Zinn l'a introduite, depuis une trentaine d'années, non sans succès, dans l'univers médical américain où la pratique de la pleine conscience, très codifée, est bien intégrée dans les hopitaux. Je ne peux, en tant que médecin, que m'en réjouir car la "pleine conscience", autre nom de la méditation, est d'une aide réelle, face aux difficultés physqie ou psychique, pour qui y consacre le temps et le changement nécessaire d'attitude par rapport aux choses. 

      Cependant, force est de constater que, comme toujours, ce type d'introduction d'approches nouvelles ne va pas, dans son ensemble, sans une certaine dénaturation et sa transformation en simple "technique", en simple outil. 

      Par où l'on voit que notre époque est réellement celle du règne de la technique. En effet, les applications techniques ont révolutionné notre univers ( de la pilule contraceptive à l'informatique, du développement des moyens de transport moderne, de la télévision, des facilités de chauffage, aux techniques de procréation assistée et à la mise en réseau du monde entier, etc.) et rendu possible tout un tas de choses, pas seuleemnt imaginables en rêve auparavant, et elles ont profondément modifié notre rapport habituel au monde, aux autres et à nous mêmes. Nous ne parlons pas à notre voisin mais "communiquons", ou jouons à des jeux virtuels, avec des inconnus de l'autre bout du monde. Beaucoup vivent autant, voire davantage, par l'intermédiaire des réseaux sociaux que dans leurs relations "en chair et en os" avec leurs amis. La communication moderne dévalue tout discours politique construit et argumenté (que plus grand monde n'a, ni l'envie, ni, désormais, la "capacité" d'entendre, tenté de zapper qu'il est, dès 2 ou 3 minutes d'un discours insuffisamment captivant) et fait toute la place aux petites phrases (encore trop longues) et aux tweets désormais, etc. Enfin, la planète s'est rétrécie à la taille du village global et beaucoup vivent, désormais, dans l'attente de la nouvelle version de telle ou telle application ou tel ou tel appareil connecté. 

       Tout ceci pour dire que la méditation qui suppose, dans son authenticité, de changer son attitude face au monde et aux évènements, a, largement, été transformé en nouvelle technique de développement personnel, très largement "vendue" comme un moyen de vivre mieux, plus, plus intensément, moins stressé, plus heureux, plus joyeux, plus performant, etc. Bref, au rebours même de son véritable esprit. Loin de nous aider à nous défaire de notre ego, de cesser de ne penser quà nous, de chercher à avoir toujours plus, de refuser le monde tel qu'il est et de le faire selon nos désirs, beaucoup de ses propagandistes la dénaturent en en faisant un instrument au service de l'augmentation de nos satisfactions et de nos intérêts. 

      Il ne servirait à rien de se désoler de cet état de fait. D'autant plus que, pour rester dans notre sujet, il s'agit d'"accepter" le réel tel qu'il est. De le changer si l'on peut mais de l'accepter sinon. S'en indigner, protester, serait aussi inutile qu'inefficace. 

      J'y vois, pour ma part, l'occasion d'être vraiment conscient de l'état actuel de notre civilisation, de sa capacité à "récupérer" et "recycler" toute contestation et alternative dans le processus technique d'augmentation des profits et des "gains" matériels. 

      J'y vois, aussi, une "raison" de ne pas s'inquiéter du statut contesté de l'homéopathie aujourd'hui. Son "officialisation" n'irait pas sans une dénaturation certaine. Alors, être ou ne pas être "reconnue" ? Ce n'est, peut être, pas aussi essentiel que cela ... quoique ...

      

 

 

 

 

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11 février 2016

Méditation et philosophie : première méandre

Un patient m'a donné l'envie, au décours d'une récente consultation, de reprendre ce blog, dont j'ai modifié, au passage, quelque peu l'intitulé. A la fin de la dite consultation, connaissant mon intérêt pour la philosophie, il m'a posé la question suivante que je reproduis, ici, de mémoire : "est-ce que la méditation n'aurait pas à voir avec la phénoménologie ?". Comme quoi, une consultation médicale peut, à bon droit, s'éloigner des préoccupations strictement de santé. Il est fort intéressant et bien agréable d'ailleurs que la médecine ne soit pas coupée du monde, de la vie et des interrogations de tout un chacun. La question posée m'a semblé plus qu'intéressante et fort pertinente. Et je pense, d'ailleurs, que, comme le suggèrait ce professeur de mathématiques à la retraite, la réponse à la dite question est "oui". 

La méditation, si on y regarde bien, qu'est-ce, sinon une "pleine conscience" du monde, de soi, des autres, de la vie. Et, à défaut, d'une "pleine conscience", une conscience bien plus grande de la vie, de notre vie. A chaque instant ou, à défaut, le plus souvent possible. Pour se faire, les recommandations d'usage sont de :

- s'entrainer, assis, le dos bien droit, à ressentir son corps, entendre le monde qui nous entoure et observer nos pensées, sans se laisser "absorber" par celles-ci. 

- autant dire, donc s'entrainer à "sortir du mental", des pensées, ruminations, calculs, jugements, recherche des raisons (pourquoi a-t-il dit ceci ? fait cela ?), explications, du pourquoi des choses et s'entrainer à accepter le réel tel qu'il est au lieu de passer son temps à s'en plaindre et radoter que cela aurait mieux si cela avait été autrement. 

- mettre,autant que faire se peut, cette "nouvelle attitude" en pratique dans la vie de tous les jours. 

Et la phénoménologie, de quoi s'agit-il ? D'un mouvement de pensée philosophique, né au début du XX° siècle, et fondé par le philosophe Husserl. En parler  "techniquement" au plan philosophique, de façon érudite, serait assez ennuyeux et, à coup sur, peu éclairant pour les non-philosophes ("professionels" s'entend, mais beaucoup de "non professionnels" sont très philosophes dans leur genre, me semble-t-il). Alors, parlons en simplement.

- La phénoménologie apparut en réaction à la domination des sciences explicatives et du "psychologisme" sur toute autre pensée (y compris philosophique) , c'est à dire en réaction, si on y pense bien, à la domination des explications soit scientifiques, soit psychologiques et/ou psychanalytiques du monde et de nous mêmes. 

- Notons qu'on en est toujours là d'ailleurs et, notamment, en médecine. Explications "scientifiques" d'un côté (c'est à cause du kyste, là, en haut à droite sur l'IRM) ou "psy" (c'est à cause de votre oedipe mal réglé).

- Mais, ces explications n'épuisent pas le sujet, comme on dit (quoi que, souvent, ce tiraillement entre des explications aussi diamétralement opposées ne soient pas sans mettre, souvent, le sujet "sur les genoux") et reste à considérer ce que l'on fait de ce que l'on vit, ressent et éprouve. 

- Et, précisément, la phénoménologie propose de donner la place la plus éminente à ce que l'on vit, c'est à dire de mettre entre parenthèses" les explications scientifiques et psychologiques pour  "revenir aux choses mêmes" (les choses mêmes, c'est à dire, notre vécu, ce que l'on ressent et éprouve) c'est à dire à ce qu'elle appelle le "monde de la vie" (pour nous, de la "vraie vie").

- Pour la phénomènologie, il s'agit, encore, de d'écrire et non pas d'expliquer. Donc d'arrêter de penser, réfléchir, interpréter, déduire, espérer, projeter, pour simplement prendre en compte les choses "comme elles viennent" (dans "mon" vocabulaire"), dans leur "apparaître", leur "manifestation" dans le vocabulaire philosophique. 

Revenons en à l'interrogation de "notre" professeur de mathématiques à la retraite. Et bien, oui, phénoménologie et méditation ont bien des points communs. 

Les deux nous proposent de "mettre entre parenthèses" les explications, interprétations, projections, etc. bref, de laisser de côté le mental (même scientifique et rigoureux) pour "vivre vraiment", pour éprouver les choses, le monde, nous mêmes. 

Les deux se défient de l'excès d'attention accordée à la "raison", à la pensée. 

Les deux proposent de revenir, aussi, davantage au corps. 

Les deux, aussi, nous disent que cela n'est pas si facile à mettre en oeuvre et qu'il convient d'être méthodique et de s'y entrainer.

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En un mot, les deux nous rappellent que la "vraie vie" est ce que nous éprouvons et ressentons, et qu'il convient de se méfier de la volonté de tout (de trop) rationaliser, de prendre quelque distance avec la volonté d'expliquer et de comprendre (sans rejeter la pensée pour autant, car elle a, elle aussi, son intérêt, d'où l'idée de "mise entre parenthèses" qui suspend quelque chose sans le dénigrer pour autant). 

Dans les deux cas, il  s'agit d'être davantage présent à soi, aux autres et au monde, sans chercher à tout ramener à des causes, des explications et des "raisons". 

La méditation et ses implications "philosophiques" retiendront mon attention dans quelques pensées à venir, plus sinueuses et vagabondes qu'auparavant, d'où l'appellation retenue de méandre

 

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07 décembre 2014

Le superflu et l'essentiel

En homéopathie, pour prescrire, c'est à dire choisir le médicament qu'appelle l'état de santé ou de maladie du patient, l'on se base sur la prise en compte  de sa façon globale d'être au monde et notamment sur les mofifications de celle-ci induites par la maladie. Au lieu de sa baser sur le "simple diagnostic de la pathologie en cause et d'y appliquer un traitement plus ou moins standard, l'on se base sur le retentissement global de cette pathologie. Les deux approches sont donc très différentes et n'accorde pas leur intérêt aux mêmes paramètres.

En allopathie, pour un asthme, par exemple, on prescrit des bronchodilatateurs (type ventoline par exemple) et des corticoïdes locaux,ces deux médications visant à réduire l'inflammation bronchique et dilater le calibre des bronches, le tout permettant un meilleur débit de l'air dans les voies respiratoires. On s'attache donc à ce qui semble essentiel, la gêne respiratoire, due à l'inflammation et au "rétrécissement" bronchique. 

La prescription homéopathique semble, quand à elle, se "perdre" dans des considérations plus ou moins "étranges", ancdotiques, voire superflues. Le médecin homéopathe, mettant entre parenthèse cette gêne respiratoire, compte y mettre un terme, la soulager, en empruntant quelques chemins de traverse, délaissant le seul côté respiratoire pour s'enquérir du vécu global du patient. La gêne respiratoire est-elle pire par temps sec ou temps humide, le jour ou la nuit, s'accentue-t-elle au moment des repas, du sommeil, en buvant, en passant d'une pièce chaude à une atmosphère plus froide, ou l'inverse, l'expectoration soulage-t-ele le patient ou ne change-t-elle rien ? L'asthme est-il survenu dans un contexte de vie particulier (chagrin, deuil, souci, habitat humide ou insalubre, puberté, ménopause, etc.) ? 

Plus étonnant encore, l'accent va être mis sur le rententissement concomittant de la pathologie sur le vécu global du patient. Le patient est -il plus ou moins anxieux, énervé ou amorphe depuis qu'il fait de l'asthme ? Comment a évolué son appétit ? Sa soif ? Son sommeil ? Présente-il des problèmes digestifs, cutanés, autres ? Cela peut ressembler, parfois, au "est-ce que cela vous chatouille ou est-ce que cela vous gratouille" du docteur Knock. Mais ces disctinctions sont utiles, essentielles mêmes. L'apparent accessoire, l'apparent "superflu" est, en fait, ce qui signe la singularité et le rentissement total de la pathologie sur l'état de santé du patient. Ces petis signes et symptômes, apparemement sans lien avec l'état respiratoire du patient, constituent, en fait, les autres manifestations du déséquilibre global de la santé du patient.

 

La maladie est donc, en réalité, constitués de nombreux signes divers dont l'on peut grouper un certain nombre sous l'étiquette "asthme, hypertension artérielle, polarthrite rhumatoïde, etc. Mais ce groupement, s'il permet de désigner un ensemble pathologique cohérent (toux + spasme + essoufflment + sifflement respiratoire, etc. qui "consituent" l'asthme) ne résume pas la totalité des troubles, du déséquilibre présenté par le patient. En un mot, le déséquilibre global du patient se traduit, souvent, par un retentissement marqué sur tel ou tel organe ou fonction (ce qui permet l'étiquetage "il s'agit d'un asthme") mais ce retentissement localisé ne signifie pas que la pathologie est, fondamentalement, locale. Au contraire, hormis les pathologies traumatiques (fracture ou brulure par exemple), certaines pathologies aigues (épidémie de telle ou telle maladie), la quasi-totalité des maladies sont fondamentalement globales.  

Prendre en compte, aussi, pas seulement bien sur mais aussi, tous les signes du patient, même s'ils semblent sans rapport avec "la" maladie du patient ne revient pas à négliger l'essentiel pour se préoccuper de données superflues. Car l'essentiel est la totalité, la globalité du déséqulibre du patient. Ne se préoccuper que des données conformes au diagnostic nosologique retenu, ne revient pas à se consacrer à l'essentiel. Ce n'est pas, non plus, bien sur, s'égarer dans des considération superflues. C'est, par contre, valoriser arbitrairement certains signes et symptômes (qui "appartiennent" à la pathologie "étiquetée") au détriment d'autres signes et symptômes aui, pour être étranger à cette "étiquette", n'en appartiennent pas moins au patient, n'en reflètent pas moins la rélaité de son déséquilibre de santé. C'est ne soigenr qu'une partie du problème du patient, qu'un aspect de son déséquilibre global. 

 

 

 

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10 novembre 2014

Réflexions et commentaires d'une internaute aux deux posts "l'essentiel et le superflu ... encore"

Je poste ce long et pertinent commentaire d'Annette Lexadocteur en toxicologie ( expert toxicologue dans le domaine de la santé et l'environnement). Elle pointe avec raison le silence et le "refoulement" dont fait l'objet le professeur Luc Montanier, pourtant prix Nobel de médecine pour la découverte du virus du SIDA. Une telle "omerta" a de quoi faire réfléchir et je réagirai d'ici peu à son propos. 

Je lui laisse la parole et la remercie pour sa contribution régulière à ce blog. 

Annette Lexa : "L'Etat, via la HAS, l'ANSM, la CPAM... tente de nous remettre sur le "dro" chemin, en nous culpabilisant, nous faisant peur (depistage) pour les domaines où il y a de l'argent à faire, tout en abandonnant des pans entiers moins rentables et en négligeant la réelle prévention. 

et je pense aussi aux association de patients malades , qui croyant bien faire, alimentent le système en se faisant manipuler par des lobbyies. 

Il y a vraiment 2 approches du monde de la santé qui s'affrontent actuellement . lequel gagnera? c'est très Darwinien tout cela.. L'avenir nous le dira mais je ne pense pas que ce soit gagné pour tout le monde. 

J'ai participé le 8 octobre dernier à l’UNESCO à Paris , au colloque organisé par Luc Montagnier , intitulé "La Biologie à la lumière des théories physiques : nouvelles frontières en médecine", consacré à l’émergence d’un nouveau paradigme en biologie faisant intervenir les ondes électromagnétiques et certaines propriétés de l’eau. . Le Thème général était les interprétations par la physique des champs quantiques de phénomènes biologiques récemment reconnus et leurs applications dans le domaine de la différenciation cellulaire et celui des maladies chroniques. 
Ce colloque n’a eu aucun écho dans les media français pourtant friands de polémiques scientifiques. Il est vrai que le sujet est dérangeant, qu’il n’est pas facile à vulgariser, qu’il vient bousculer sérieusement l’approche réductionniste qui continue à séduire les medias et qu’il vient nous rappeler étrangement les connaissances des grandes traditions spirituelles (approche corps-esprit, relations d’interconnexion de l’Homme à l’Univers). Seul un rapprochement pluridisciplinaire et holistique du vivant permettrait l’émergence d’une nouvelle approche biophysique du vivant. Mais la biomédecine actuelle est-elle prête à ce changement ? le veut-elle vraiment ? l'industrie pharmaceutique n'a que faire de nouvelles méthodes thérapeutiques de biophysique non brevetables et qui ne rapporteraient pas comme le médicament. Il lui faut une clientèle captive et docile. 
C'est pour cela que je suis à la fois optimiste et pessimiste. la bataille est engagée en tout cas, mais qui l'emportera ?"

Annette Lexa poursuit ce matin:

" Quant au colloque, j'ai oublié de préciser que le mathématicien Cédric Villani, Professeur à l’Université de Lyon, Directeur de l’Institut Henri Poincaré et Médaille Fields en 2010, était présent et a terminé le colloque en commentant l’affaire Benveniste et la polémique autour de la fameuse publication dans la Revue Nature en 1988, naviguant entre neutralité bienveillante et doute sain, signatures de l’honnêteté intellectuelle de tout grand scientifique. 
Cette présence pour laquelle d'aucun crieront "mais qu'est il venu faire dans cette galère"? témoigne au contraire d'une saine réaction d'ouverture a priori. 
Si théorie nouvelle il y a , allons y, formulons là clairement (elle ne me semble as encore très claire à ce stade) , testons des hypothèse et vérifions la reproductibilité des expériences. Lorsque je vois les résultats actuellement obtenus sur l'évaluation toxicologique des nanomatériaux (aucun cohérence interlabo, des résultats contradictoires, non prise en compte des propriétés physique à l'échelle nano, puisque ces expériences sont faites dans le paradigme encore dominant de la chimie classique "boule de billard"...) qui ne semblent, eux, choquer personne dans la doxa scientifique universitaire... 
pour ceux qui lisent l'anglais, je conseille cet article paru dans magazine scientifique international "New Scientist" , car en plus il n'y a aucun commentaire solide et bien fait en français. 
http://neshealthblog.wordpress.com/2011/01/17/luc-montagnier-experiment-in-new-scientist/ 
Ce journal tres anglosaxon n'est pas réputé tendre pourtant! Et même là, on s'interroge, c'est dire. En France, c'est l'omerta organisée. 
Ce silence gêné des media et des scientifiques eux-mêmes signe bien quelque chose, à savoir qu'on ne peut plus attaquer Montagnier mais on a peur d'y adhérer car le "coût" en terme évolutionniste est trop important (beaucoup ont basé leur vie sur la théorie orthodoxe scientiste, relevant de la chimie et la physique classique,qui si elle s'avérait fausse, signifierait qu'ils se sont fourvoyés toute leur vie et que leur carrière s'envole en fumée, c'est insupportable au niveau cerebral/neurologique...les cerveaux préfèrent s'illusionner encore un peu collectivement.... 
Si Lucien Cuénot (1866-1951), premier généticien français et grand évolutionniste darwinien, disait à la fin de sa vie, que si on lui proposait un nouveau cadre théorique, alternatif à la théorie darwinienne de l'évolution, il y travaillerait avec le même enthousiasme. C'est cela la signature d'une vrai grand scientifique . 
j'en suis là, moi aussi, Comme Cédric Villani ou , je demeure ouverte, testons cette nouvelle théorie quantique des champs en biologie. Si cela s'avère faux, on l'abandonnnera, si par contre , cela on valide des hypothèse de travail , alors là, on ouvrirait la Boîte de Pandore !".

Posté par Philippe Marchat à 09:35 - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 novembre 2014

Le superflu et l'essentiel ... encore

Le post précédent ne doit pas être pris comme un moment, ou un mot, d'humeur. Car la survalorisation de la technique est la marque de notre époque, de notre civilisation même, et si on ne la prend pas en compte, toute réflexion profonde sur les équilibres (y compris de l'assurance maladie, sans parler de la santé comme équilibre et non pas "conformité" de la machinerie biologique à ses normes) est vaine. 

Heidegger a consacré une grande part de sa réflexion à cetre question de "la Technique". Il disait que "l'essence de la technique n'est rien de technique", soulignant par là (pardon pour les philosophes "professionnels" qui liraient ce texte, j'implore leur indulgence) que n'y voir qu'un instrument qu'on utiliserait bien ou mal, qu'une procédure ou qu'une "recherche" sur le réel est une erreur monumentale. Car c'est d'un certain rapport au réel qu'il s'agit

Ainsi, comme il le disait si justement, "l'essence de la technique est l'Araisonnement" (en allemand, das Gestell, "faire se tenir devant soi", c'est à dire placer le monde et les êtres comme objets face à soi). Dans araisonnement, il faut entendre deux choses :

- faire rendre raison, demander des comptes au réel et s'imaginer que ce que la raison humaine peut en connaître est "la" vérité, l'essentiel. 

- le verbe "araisonner", comme l'on dit des corsaires ou des pirates, qu'ils araisonnement un navire, c'est à dire s'en rendent maître, par la force, et de manière indue le plus souvent. 

La "technique", c'est, ainsi, cette marque de la science occidentale, donc de notre civilisation et, bientôt, de la civilisation mondiale, qui prétend pouvoir réduire le réel à ce qu'elle en pense... et estime pouvoir en faire.  D''où, aussi, la destruction de la nature, la polution, le manque de respect pour ce qui nous a été donné ou, plutôt, prêté. 

En médecine, la marque de la "technique" c'est le privilège donné aux paramètres "objectifs", (en réalité objectivés et construits), c'est à dire aux résultats des prises de sang, radios, scanners, IRM, enregitrements électrographiques (électro-cardiogramme, électroencéphalogramme, électromyogramme, etc.), avec pour corollaire une dévalorisation extrême du vécu du patient, de son histoire, de la place qu'y occupe sa maladie, ses troubles, etc. D'où, pour en revenir au texte précédent, la "logique" et le bien fondé apparents de rémunérer 23 euros 30 minutes de réflexion, d'examen, d'échnages, d'écoute et de partage du médecin et une IRM du genou à hauteur de 300 euros. 

C'est, aussi, le privilège, voire le "monopole" accordé à la bio-médecine. Au détriment d'une approche plus intégrative qui, bien sur, reconnaîtrait la valeur de celle-ci mais aussi d'autres approches complémentaires, non pas au sens de secondaires mais complémentaires parce qu'elles  "permettent de compléter la vision et la connaissance de l'humain, en santé et malade". Par exemple, les approches psy de l'inconscient, les approches cognitivo-comportementales,  la méditation,  l'homéopathie, l'acupuncture, la phytothérapie, etc. 

Bien sur, il y aurait, là, un risque de lsombrer dans le "fourre-tout", le relativisme, le "tout se vaut". Mais, non, tout ne se vaut pas. V'est ne confrontant, loyalement et sans concession, les points de vue que l'on pourrait dégager l'inérêt de telle et tele approche. Ce qui est sur, c'est que l'approche bio-médicale ne se suffit pas à elle même. Son champ d'excellence est celui des maladies graves ET aigues. Elle est très importante, mais de façon plus nunacée, nettement moins exclusivement dans les maladies graves ET chronqiues. Car le facteur temps indique, en lui même, que la maladie est autre chose qu'un "épisode" dans la vie du malade, qu'elle est profondément "enracinée" en lui et que soigner sa totalité, son équilibre global est, dans ce cas, important et nécessaire. 

Le superflu et l'essentiel peuvent donc varier. Devant une septicémie sévère, les antibiotiques et la réanimation sont l'essentiel, l'approche globale est "superflue", très accessoire. Devant un tableau de maladies infectieuses récurrentes, l'approche globale est l'essentiel, les antibiotiques, superflus et nuisibles, etc. Rien n'est déterminable, une fois pour toutes, et de façon rigide. Le dialogue et la confrontation sont nécessaires. 

Organiser un système de santé sans mener ce type de réflexion essentielle mène, inévitablement, à des mesures inefficaces, vouées à l'insuffisance et, aussi, à la dégradation progressive de ce système. 

Il est possible, voire plausible, que l'avenir de notre civilisation passe par le recul du primat de la "technique" et l'accueil, aux côtés de celle-ci, d'autres approches plus "humaines" et plus respectueuses de la nature.C'est possbile et plausible car nos sociétés n'auront bientôt plus les moyens financiers de cette ivresse technique. Et l'implosion financière de notre modèle technique nous conduira, peut être, souhaitons-le, (comme avec la menace des catastrophes écologiques) à être moins "raisonneurs" et plus raisonnables. Une telle possibilité illustrerait, de belle façon, le mot d' Holderlin, ce poète qui affirmait que " là où croit le danger croît aussi ce qui sauve".

 

 

 

 

 

 

 

 

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02 novembre 2014

Le superflu et l'essentiel

L'époque semble à la confusion des choses. Le superflu, l'accessoire, voire l'insiginfiant, retiennent bien souvent, davantage l'attention et suscitent davantage l'intérêt que l'essentiel. Peopolisation de nos dirigeants dont la pensée (s'ils en ont encore une) et les projets concrets sont éclipsés par tel épisode de leur vie privée ou telle petite phrase. 

Le constat est évident, aussi, en médecine. Et pas sans rapport avec l'aggravavtion constante des comptes de l'assurance maladie. Qu'est-ce que devrait être l'essentiel en médecine ? Pour les citoyens que nous sommes. De disposer d'un égal accès à de bons soins.

Une remarque s'impose. C'est qu'il n'ait pas besoin de s'illusionner et de faire de l'égal accès aux soins une question avant tout politique. Car c'est, d'abord, une question économique (dans notre pays où il ya un consensus "idéologique" sur cette question). Soyons réaliste, si le déficit de l'assurance maladie (sans parler de celui des allocations familiales et des retraites, car la sécurité sociale ce sont ces trois branches, assurance maladie + allocations familiales + retraite) continue d'augmenter sans fin, aucun égal accès aux soins ne pourra durablement être assuré. Quand un état n'a pas de recettes suffisantes pour payer "pour tous", forcément, des  "économies" doivent être faites, les soins sont de moins en moins bien remboursés et les plus précaires finissent immanquablement par trinquer. 

Le meilleur moyen d'assurer un égal accès à de bons soins est donc d'arrêter de creuser, jour après jour, le "trou de l'assurance maladie". Et, ici, l'on retrouve cette question du superflu et de l'essentiel. Qu'est-ce qui est le plus essentiel pour de bons soins ? Et bien j'ose cette réponse "extravagante" : avoir de bons médecins et qu'ils puissent conduire dans de bonnes coditions de travail la prise en charge de leurs patients. Nous disposons, sans doute, globalement de bons médecins. Que les médecins puissent prendre en charge, dans de bonne sconditions, leurs patients n'est, hélas, guère à l'ordre du jour. Car que faut il pour bien soigner un patient ? Trois choses. Un savoir (et donc de la compétence), la reconnaissance de leur rôle primordial dans le système de santé et ... du temps. Les médecins, en France, sont plutôt bien formés. Mais leur rôle primordial n'est pas reconnu par la sécurité sociale et les autorités politiques, ce pourquoi, d'ailleurs, ils ne disposent pas du temps nécessaire pour soigner leurs patients de façon optimale. 

Soyons concrets. Un patient vient pour des douleurs des genoux. Il a mal depuis plusieurs mois. Il aimerait donc, dans sa logique, passer une IRM (c'est à dire deux, une à droite et une à gauche car il a deux genoux !). Un examen clinique complet et précis permet, dans la plupart des cas, de s'assurer soit de la présence très probable de lésions sérieuses (qui nécessiteront les IRM en question pour préciser la nature exacte des dites lésions et leur degré de sévérité, le tout débouchant, par exemple, sur l'indication d'un acte chirurgical orthopédique), soit de l'absence de lésions sérieuses ne nécessitant donc aucune investigation supplémentaire. Mais un examen complet (des deux genoux mais pas seulemeent car la douleur des genoux peut s'intégrer à une maladie plus générale) et un interrogatoire complet (depuis quand avez vous mal ?  quoi ressemble la douleur ? est-ce pire le jour, la nuit, etc ?) cela prend du temps. De plus "convaincre"le patient que l'on n'a, en tant que médecin, après les données de l'examen clinique complet et de l'interrogatoire, pas besoin des IRM en question, cela prend, dans la réalité, pas mal de temps aussi. Voir plus que l'acte médical proprement dit. Et cela a de fortes chances de déplaire au patient.

La question est donc celle-ci. A quelle hauteur la sécurité sociale et le ministère de la santé accepte-il de rétribuer l'acte médical de ce médecin consciencieux ? Vingt-trois euros. A quelle hauteur la sécurité sociale et le ministère de la santé évaluent-ils la "valeur" des deux IRM ? Deux cent quatre vingt euros ... chacune. Soit cinq cent soixante euros. Il faut cinq minutes pour faire un vague examen de genoux et prescrire deux IRM. Vingt ou trente minutes ou plus pour réaliser un examen vraiment complet, avec interrogatoire et explication de la non nécessité des deux IRM. Cherchez l'erreur. 

 

 

 

 

 

 

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15 octobre 2014

Réponse et réflexion à propos du commentaire de Rover

Mon dernier post a suscité davantage de réactions et commentaires qu'usuellement. Je m'en réjouis et en remercie chaque auteur. Je répondrai à plusieurs et vais commencer, ce jour, par le dénommé rover. 

Tout d'abord, je vous souhaite la bienvenue, cher confrère (car je crois comprendre que vous exercez la médecine) puisque vous découvrez ce  blog et vous remercie pour vos remarques qui vont me permettre de préciser certains points. 

L'amélioration des cas constatée à ce séminaire, comme celle de certains de mes pâtients constatés dans mon bureau, ne vient pas de la conviction conjointe patient ET thérapeute. Je ne vois dans votre remarque nulle une ironie mais y perçoit une juste, et saine, attitude de doute cartésien. Comment  être sur, me direz-vous, que cette amélioration peut, raisonnablement, être attribué au médicament prescrit ? On ne peut, bien sur, d'une certaine façon, jamais être sur de rien. Mais quand même. Des éléments objectifs plaident pour une amélioration des cas présentés (par mon confrère) par le médicament homéopathique. 

Tout d'abord, l'absence d'amélioration de tant de cas, patients convaincus ou non, moi de même, venant "sanctionner" une prescription inadaptée (c'est, évidemment, l'échec qui en signe l'inadaptation car j'ai la faiblesse d'assez souvent penser (et heureusement car sans cela l'exercice médical serait assez décourageant ou cynique) que ma prescription n'est pas "si mal" que cela) m'a, depuis longtemps, "fait toucher du doigt" qu'il ne suffit pas que je sois confiant et le patient aussi pour que l'amélioration soit au rendez-vous. De même, il n'est pas si rare que cela d'obtenir une agréable surprise "thérapeutique" alors que le prescripteur que je suis était un peu dubitatif sur sa prescription. 

Ensuite, quand je parle du visage du patient qui s'illumine, qu'ai-je voulu dire par là ? Je ne fais pas référence à quelque "belle image" mais à ce qu'une telle expression de soi, et "malgré soi", exprime et révèle. C'est à dire à l'amélioration "profonde" qu'elle suppose, amélioration qui doit (presque) tout au médicament prescrit. Car nulle compassion de ma part, ni confiance, même extrême de celle d'un de mes patients n'a jamais suffi à améliorer à un degré à ce point évident (et visible dès l'entrée du patient dans le cabinet, son regard, sa tenue, son pas s'étant comme allégé d'un poids énorme) un patient précédemment angoissé et prenant 5 ou 6 Lysanxia (pardon pour la pub) ou 2 ou 3 Lexomil (re pardon) par jour, aggrémenté, par exemple, d'un neuroleptique pour dormir. Les patients améliorés par de tels traitements allopathiques sont, bien sur, "mieux" qu'avant, moins angoissés, la peur se voit moins sur leur visage mais ils ne sont, du moins est-ce mon expérience, nullement "libérés" de celles-ci, nullement pleinement eux mêmes. Tout en eux exprime que le "mal" est toujours là, seulement "anesthésié". Rien de comparable avec l'épanouissement qui accompagne une profonde amélioration. Bien sur, de telles améliorations, si "profondes", ne sont pas le pain quotidien du médecin homéopathe mais elles ne sont pas rares pour autant. 

Qaund à l'esprit critique présent lors des réunions "allopathiques", je n'en disconviens pas, en fréquentant encore quelques unes. Mais l'esprit critique est présent en homéopathie aussi. L'est-il moins ? Cela arrive, en effet, trop souvent à mon goût (pour autant ce n'était nullement le cas de ce psychiatre homéopathe indien, ancien chef de service (allopathique) d'un hopital de Bombay). Et l'importance de l'esprit critique est un de mes "chevaux de bataille" auprès de certains de mes confrères homéopathes. Si cela vous intéresse, vous trouverez sur le site "homeophilo" (nettement plus "austère" hélas) des textes en ce sens, qui en appelle à plus de rigueur et d'esprit scientifique en homéopathie. 

Merci donc à vous, cher "rover", de rappeler à tous, l'importance de la rigueur et de l'esprit critique. Car ce n'est qu'au moyen de ces deux qualités si précieuses que l'on peut espérer tirer le meilleur bénéfice de toute pratique, y compris de l'homéopathie qui m'est si chère par toutes les satisfactions qu'elle me donne dans mon exercice médical quotidien et par les belles "transformations " qu'elle donne à voir chez certains patients. 

 

 

Posté par Philippe Marchat à 14:24 - Commentaires [2] - Permalien [#]

13 octobre 2014

Une bouffée d'air venue d'ailleurs

Un petit mot de retour d'un séminaire d'homéopathie consacrée à l'homéopathie dans le sud-est de la France. Animé avec talent et finesse par un homéopathe psychiatre (ou psychiatre homéopathe ?) indien exerçant à Bombay (Mumbai), venu à l'homéopathie après avoir exercé l'allopathie dans diverses institutions psychiatriques de son pays. Outre l'intérêt proprement pratique de cet enseignement, intérêt pour mieux soigner les troubles psychiques de mes patients, cet enseignement m'a réjoui et revigoré par la bouffée d'air frais qu'il m'a apporté. Comment dire ? Comment en rendre compte ?Il y a eu, bien sur, le talent de l'orateur, sa compétence, son savoir, sa gentillesse, son humour, le visionnage de ses cas cliniques projetés en vidéos, l'amélioration spectaculaire, tellement visible sur le visage, l'expression, le maintien des patients au fil de consultations filmées, séparées de quelques mois. La confirmation, donc, éclatante de l'efficacité de l'homéopathie (thème des posts précédents), même dans des cas particulièrement sévères.

Mais aussi, et sans doute, surtout, pour moi, la recontre d'un authentique médecin homéopathe. c'est à dire, authentiquement médecin, et authentiquement homéopathe. Authentiquement indien aussi, bien sur, mais tellement en phase, aussi, avec la pensée occidentale. Tenant, si j'ose dire, sans toujours le dire, les "deux bouts" de l'univers médical, conscient du nécessaire mixage de l'orient et de l'occident, de l'homéopathie et de la connaissance médicale occidentale. Tout ce à quoi je m'emploie, modestement, comme je le peux, de mon propre côté, dans mon sud-ouest d'occident. 

Ainsi, je ressors conforté dans ma vision, de toujours, de l'homéopathie comme  branche "exotique", "orientale" de la médecine, comme "autre versant, autre face" de la médecine en général et de la médecine occidentale en particulier. Car, ne l'oublions pas, l'homéopathie est née en occident. Dans un livre publié en 2001, je disais qu'elle avait été refoulée par l'occident car celui-ci ne pouvait pas assumer cette part "étrange", comme étrangère de lui même. L'allopathie vit dans le mythe scientifique que la raison peut tout, que la nature, le corps pour la médecine, ses paramètres (tension, taux de cholestérol, etc.) doivent se plier à la volonté "correctrice "de la science, de la médecine.

Les médecins homéopathes, tout d'abord seulement occidentaux, ont défendu l'idée, non pas contraire mais complémentaire, d'un nécessaire respect de la nature, du corps, de l'accompagner et le "guider" dans ses capacités d'auto-guérison. Contraindre le corps est nécessaire dans les cas extrêmes. Il faut pouvoir anesthésier un sujet, en "arracher" le coeur, pour lui en greffer un nouveau, prélevé sur un défunt, pour rendre, de nouveau, possible la vie. Mais on ne saurait faire de l'exception la règle et verser dans l'hubris, déjà dénoncée par les grecs anciens comme ce qui perd l'homme, et vouloir toujours et sans cesse contraindre l'organisme en l'empêchant d'utiliser et d'optimiser ses propres voies d'auto-défense. 

Il m'a été plus qu'agréable d'entendre ce confrère indien, "tissé" de pensée occidendale comme j'essaie de pratiquer la médecine, tissé, à ma manière, de pensée orientale. Le temps est, peut être, enfin venu où seront de plus en plus nombreux ceux qui auront saisi que l'enjeu de la médecine, de la science, mais aussi tout autant de l'humanité tout entière, n'est plus de chercher la "vérité", ici ou là, mais ici ET là. De ne plus s'employer à exclure mais à inclure. De ne plus perdre son temps et son énergie à s'opposer mais à conjoindre. Sans juxtaposer, pour autant, les points de vue mais en sachant les tisser ensemble. 

Posté par Philippe Marchat à 18:55 - Commentaires [5] - Permalien [#]

05 octobre 2014

De l'efficacité (3) ... au bénéfice global et "durable" sur la santé

Les deux posts précédents montrent que le concept d'efficacité n'est ni évident, ni neutre. Il véhicule des présupposés, des choix, s'appuie sur des données implicites et "cachées" qui nécessitent que nous alions y voir un peu plus loin que le bout de notre nez. Surtout, nous voyons qu'aucune réflexion  globale et "durable" n'est prise en compte. Pour peu qu'un traitement amène un bénéfice local et contemporain à la prise du médicament, on ne se pose plus de question. A tord, comme nous l'avons vu dans les posts précédents. Car l'idée d'efficacité, jusqu'ici, se résume à la "disparition", la "suppression" d'un symptôme, sans préjuger d'une vision globale et des effets généraux du traitement. Si l'électrocardiogramme s'améliore, alors, "forcément" le patient doit aller mieux. Idem, si telle douleur disparaît, tel paramètre se normalise. 

Pourtant, nous l'avons vu, de telles "améliorations" peuvent coexiter avec une aggravation de la mortalité générale ou déboucher sur la nécessité de traitement prolongés, "sans fin", qui montrent, par exemple dans le cas d'un asthme ou d'un ulcère duodénal, que le patient n'est nullement guéri puisque les symptôems nécessitent d'être trraités continuellement sous peine de les voir réapparaître. Mais il existe, aussi, des "déplacements" de pathologie. Le plus banal et connu est l'apparition d'una asthme après avoir fait "rentrer" un eczéma. 

Il conviendrait donc de penser l'efficcité des médicaments en terme de globalité de leur effet et de durabilité de celui-ci, de persistance du bénéfice sur la santé dans le temps.

L'idée de globalité implique de vérifier que l'apparente "efficacité" de tout traitement ciblé sur un phénomène pathologique local ne s'accompagne d'effets négatifs sur d'autres organes et sur la santé "générale" du patient. Une vision chronqiue implique de s'assurer de l'évolution de la santé globale des patients traités au fil du temps. ce qui fait que l'étude "reine" dite en double aveugle est largement insuffisante. Car si on oublie de s'assurer qu'aucune pathologie "nouvelle" n'accompagne un traitement chronique, on perd toute rigueur. 

C'est ainsi que les rares fois (car il est très rare qu'on effectue de telles études) où l'on a étudié les effets sur de grandes populations au fil des ans de traitements au long cours dont "on" estimait a priori qu'ils devaient être efficaces, les mauvaises surprises n'ont pas manquées. Cela a été le cas avec les traitements hormonaux subsitutifs de la ménopause. Il est, ainsi, apparu qu'ils entrainaient surmortalité cardiaque, vasculaires (par AVC) et augmentation des cancers du sein. Idem pour les anticholestétolémiants qui provoquent, pour certains d'entre eux, une surmortalité générale. 

Bien sûr, soigner et évaluer les traitements d'un point de vue global et inscrit dans le temps, nous "éloigne" du côté rassurant auquel nous sommes habitués. la baisse du cholestérol n'est plus synonyme de bénéfice automatique. La disparition de la gêne respiratoire de l'asthamtique est à mettre en balance avec le "coût" à long terme et global (d'autres troubles accompagnent ils cette amélioration apparente ?) d'un traitement à poursuivre indéfiniment. La question est de savoir qi l'on est prêt à inscrire notre réflexion dans la globalité et la chronicité. Si l'on préfère gagner en "vérité" ce que l'on perdra en "simplicité" de la conception (ne préfére-t-on pas une approche "fausse" et qui masque ses insuffisances à une approche plus bio-logique mais plus floue ?). Préfère-t-on assumer la complexité du réel et les incertitudes qui l'accompagnent ou préfère-t-on la "simplicité" d'une approche très approximative mais somme toute rassurante ? 

 

 

 

 

Posté par Philippe Marchat à 18:16 - Commentaires [1] - Permalien [#]

23 septembre 2014

De l'efficacité (2)

Voici les remarques, très interessantes, d'une internaiute à mon dernier post sur l'efficacité. "Ne doit on pas en ce cas distinguer efficacité/efficience/rentabilité? parler d'efficience plus que d'efficacité pour exprimer le résultat obtenu pour un traitement? et réserver la rentabilité à la logique commerciale de l'industrie de la santé... la définition de l'efficience est "l'optimisation des outils mis en œuvre pour parvenir à un résultat" 
mais cela ne résoud que partiellement le problème, puisque agir sur un symptôme (un "marqueur", une conséquence physiologique) revient à agir sur la cause efficiente au sens aritotelicien, et ne dit rien de la cause premiere ou la cause finale".

Tout d'abord, cela fait plaisir de voir que ce blog peut susciter de telles réactions et réflexions. Ensuite, j'aimerais réagir aux propos d'Annette Lexa car ce qu'elle dit est, à la fois, pertinent et témoigne, il me semble, de la difficulté de saisir ce que je cherche à dire et à mettre en évidence. Ou, plutôt, il me semble que la remarque d'A.L. montre la difficulté de redéfinir certaines choses sans redéfnir, au préalable, le cadre même dans lequel on se situe. Voyons cela. 

Réserver l'idée de rentabilité à la logique commerciale des industries de la santé serait, certes, souhaitable mais il s'agit de saisir que celles-ci (les dites industries) ne mettent jamais en avant leur "logique commerciale" pour vendre leur produits mais leur efficacité (supposée ou réelle). On ne peut donc pas échapper à la "contamination" (occulte et passée sous silence bien sur) de l'idée d'efficacité par celle de rentabilité. Le labo dira, "il faut acheter mon produit car il est efficace, telle étude le prouve". Ce qui nous ramène à notre point de départ, à la nécessité de " mieux définir l'idée d'efficacité et comment en faire un concept dégagé au maximum d'a priori et de préjugés trompeurs. 

Quand à l'efficience, oui, c'est un concept utile mais qui, lui aussi, suppose la question que je soulève résolue et qui ne peut donc contribuer à la résoudre. Je m'explique. Quand Annette Lexa écrit que l'efficience est "l'optimisation des outils mis en oeuvre pour parvenir à un résultat", on voit bien que si le résultat proposé pose problème, s'il n'est pas fiable, s'il est "contaminé" par des apriori ou des intérêts "externes", tout va être faussé. Les meilleurs moyens mis en oeuvre pour obtenir un résultat qui ne serait pas souhaitable ou pas fiable ne serviraient à rien. Et elle s'en rend fort bien compte elle même  puisqu'elle ajoute "mais cela ne résoud que patiellement le problème ... cause première ou cause finale".

Et là, elle met le doigt sur ce qui est, effectivement, en jeu dans la question de l'efficacité. La plupart du temps, "on" (encore une fois, qui est ce on ? "la" médecine ?, les labos ?, la sécurité sociale ?, les "experts" ?(jugés experts par qui, pour quoi, sur quelle base, avec quelle indépendance ?)  décide que le résultat, le but à atteindre, est d'agir sur tel facteur sans une vraie réflexion sur son importance réelle. On le choisit plus parce qu'il est une cible possible que parce qu'il est la cible essentielle. Le cas du cholestérol est exemplaire à cet égard puisque son importance pathogène est systématiquement surévaluée, majorée, et puisqu'il est élevé au rang de facteur massif et majeur des pathologies vasculaires ce que de plus en plus d'études tendent, pour le moins, à nuancer. De plus, il est prouvé que, par exemple, la classe phamrceutique des fibrates a une réelle action sur le cholestérol qu'elle fait, c'est prouvé, baisser mais avec une augmentationde la mortalité générale des patients traités par rapport aux patients non traités (ce qui veut dire qu'ils meurent un peu moins du coeur mais plus d'autre chose, j'ai du mal, quand à moi, à voir dans ce type de traitement une efficacité quelconque, même minime). Je précise que cette classe thérapeutique dont il est prouvé qu'elle es indiscutablement nocive continue à être prescrite et remboursée. pourquoi ? Parce qu'elle fait baisser le cholestérol, et que donc, elle atteint le résultat prévu, etc. On voit bien qu'on est en plein cercle vicieux. 

Alors, oui, il nous faudrait savoir revenir à une vision plus globale, plus complexe, plus proche d'Aristote (que de Platon qui "anime" la médecine scientifique, j'écrirai quelque chose là dessus à l'occasion), avec différents niveaux de causes, ou de facteurs causaux, et donc une vision moins simpliste de l'efficacité en médecine.

Ce qui est donc à penser, c'est qu'il faudrait que la médecine moderne soit capable de remettre en cause son modèle mécaniste et élémentaire (une maladie-une cause) pour passer à une vision complexe et globale. Le moins qu'on puisse dire est que ce n'est pas gagné d'avance.  

Je consacrerai donc les deux ou trois posts à venir à proposer un concept plus adéquat que celui d'efficacité pour "évaluer" les thérapeutiques mises en oeuvre en médecine. 

P.S : pour ceux qui souhaitent être tenus au courant, anonymement, des mises en ligne, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.

Posté par Philippe Marchat à 16:36 - Commentaires [0] - Permalien [#]