Les deux posts précédents montrent que le concept d'efficacité n'est ni évident, ni neutre. Il véhicule des présupposés, des choix, s'appuie sur des données implicites et "cachées" qui nécessitent que nous alions y voir un peu plus loin que le bout de notre nez. Surtout, nous voyons qu'aucune réflexion  globale et "durable" n'est prise en compte. Pour peu qu'un traitement amène un bénéfice local et contemporain à la prise du médicament, on ne se pose plus de question. A tord, comme nous l'avons vu dans les posts précédents. Car l'idée d'efficacité, jusqu'ici, se résume à la "disparition", la "suppression" d'un symptôme, sans préjuger d'une vision globale et des effets généraux du traitement. Si l'électrocardiogramme s'améliore, alors, "forcément" le patient doit aller mieux. Idem, si telle douleur disparaît, tel paramètre se normalise. 

Pourtant, nous l'avons vu, de telles "améliorations" peuvent coexiter avec une aggravation de la mortalité générale ou déboucher sur la nécessité de traitement prolongés, "sans fin", qui montrent, par exemple dans le cas d'un asthme ou d'un ulcère duodénal, que le patient n'est nullement guéri puisque les symptôems nécessitent d'être trraités continuellement sous peine de les voir réapparaître. Mais il existe, aussi, des "déplacements" de pathologie. Le plus banal et connu est l'apparition d'una asthme après avoir fait "rentrer" un eczéma. 

Il conviendrait donc de penser l'efficcité des médicaments en terme de globalité de leur effet et de durabilité de celui-ci, de persistance du bénéfice sur la santé dans le temps.

L'idée de globalité implique de vérifier que l'apparente "efficacité" de tout traitement ciblé sur un phénomène pathologique local ne s'accompagne d'effets négatifs sur d'autres organes et sur la santé "générale" du patient. Une vision chronqiue implique de s'assurer de l'évolution de la santé globale des patients traités au fil du temps. ce qui fait que l'étude "reine" dite en double aveugle est largement insuffisante. Car si on oublie de s'assurer qu'aucune pathologie "nouvelle" n'accompagne un traitement chronique, on perd toute rigueur. 

C'est ainsi que les rares fois (car il est très rare qu'on effectue de telles études) où l'on a étudié les effets sur de grandes populations au fil des ans de traitements au long cours dont "on" estimait a priori qu'ils devaient être efficaces, les mauvaises surprises n'ont pas manquées. Cela a été le cas avec les traitements hormonaux subsitutifs de la ménopause. Il est, ainsi, apparu qu'ils entrainaient surmortalité cardiaque, vasculaires (par AVC) et augmentation des cancers du sein. Idem pour les anticholestétolémiants qui provoquent, pour certains d'entre eux, une surmortalité générale. 

Bien sûr, soigner et évaluer les traitements d'un point de vue global et inscrit dans le temps, nous "éloigne" du côté rassurant auquel nous sommes habitués. la baisse du cholestérol n'est plus synonyme de bénéfice automatique. La disparition de la gêne respiratoire de l'asthamtique est à mettre en balance avec le "coût" à long terme et global (d'autres troubles accompagnent ils cette amélioration apparente ?) d'un traitement à poursuivre indéfiniment. La question est de savoir qi l'on est prêt à inscrire notre réflexion dans la globalité et la chronicité. Si l'on préfère gagner en "vérité" ce que l'on perdra en "simplicité" de la conception (ne préfére-t-on pas une approche "fausse" et qui masque ses insuffisances à une approche plus bio-logique mais plus floue ?). Préfère-t-on assumer la complexité du réel et les incertitudes qui l'accompagnent ou préfère-t-on la "simplicité" d'une approche très approximative mais somme toute rassurante ?