Un petit mot de retour d'un séminaire d'homéopathie consacrée à l'homéopathie dans le sud-est de la France. Animé avec talent et finesse par un homéopathe psychiatre (ou psychiatre homéopathe ?) indien exerçant à Bombay (Mumbai), venu à l'homéopathie après avoir exercé l'allopathie dans diverses institutions psychiatriques de son pays. Outre l'intérêt proprement pratique de cet enseignement, intérêt pour mieux soigner les troubles psychiques de mes patients, cet enseignement m'a réjoui et revigoré par la bouffée d'air frais qu'il m'a apporté. Comment dire ? Comment en rendre compte ?Il y a eu, bien sur, le talent de l'orateur, sa compétence, son savoir, sa gentillesse, son humour, le visionnage de ses cas cliniques projetés en vidéos, l'amélioration spectaculaire, tellement visible sur le visage, l'expression, le maintien des patients au fil de consultations filmées, séparées de quelques mois. La confirmation, donc, éclatante de l'efficacité de l'homéopathie (thème des posts précédents), même dans des cas particulièrement sévères.

Mais aussi, et sans doute, surtout, pour moi, la recontre d'un authentique médecin homéopathe. c'est à dire, authentiquement médecin, et authentiquement homéopathe. Authentiquement indien aussi, bien sur, mais tellement en phase, aussi, avec la pensée occidentale. Tenant, si j'ose dire, sans toujours le dire, les "deux bouts" de l'univers médical, conscient du nécessaire mixage de l'orient et de l'occident, de l'homéopathie et de la connaissance médicale occidentale. Tout ce à quoi je m'emploie, modestement, comme je le peux, de mon propre côté, dans mon sud-ouest d'occident. 

Ainsi, je ressors conforté dans ma vision, de toujours, de l'homéopathie comme  branche "exotique", "orientale" de la médecine, comme "autre versant, autre face" de la médecine en général et de la médecine occidentale en particulier. Car, ne l'oublions pas, l'homéopathie est née en occident. Dans un livre publié en 2001, je disais qu'elle avait été refoulée par l'occident car celui-ci ne pouvait pas assumer cette part "étrange", comme étrangère de lui même. L'allopathie vit dans le mythe scientifique que la raison peut tout, que la nature, le corps pour la médecine, ses paramètres (tension, taux de cholestérol, etc.) doivent se plier à la volonté "correctrice "de la science, de la médecine.

Les médecins homéopathes, tout d'abord seulement occidentaux, ont défendu l'idée, non pas contraire mais complémentaire, d'un nécessaire respect de la nature, du corps, de l'accompagner et le "guider" dans ses capacités d'auto-guérison. Contraindre le corps est nécessaire dans les cas extrêmes. Il faut pouvoir anesthésier un sujet, en "arracher" le coeur, pour lui en greffer un nouveau, prélevé sur un défunt, pour rendre, de nouveau, possible la vie. Mais on ne saurait faire de l'exception la règle et verser dans l'hubris, déjà dénoncée par les grecs anciens comme ce qui perd l'homme, et vouloir toujours et sans cesse contraindre l'organisme en l'empêchant d'utiliser et d'optimiser ses propres voies d'auto-défense. 

Il m'a été plus qu'agréable d'entendre ce confrère indien, "tissé" de pensée occidendale comme j'essaie de pratiquer la médecine, tissé, à ma manière, de pensée orientale. Le temps est, peut être, enfin venu où seront de plus en plus nombreux ceux qui auront saisi que l'enjeu de la médecine, de la science, mais aussi tout autant de l'humanité tout entière, n'est plus de chercher la "vérité", ici ou là, mais ici ET là. De ne plus s'employer à exclure mais à inclure. De ne plus perdre son temps et son énergie à s'opposer mais à conjoindre. Sans juxtaposer, pour autant, les points de vue mais en sachant les tisser ensemble.