Le post précédent me fait rebondir sur la question de l'efficacité en médecine. Les travers que j'ai souligné, précédemment, sur la conception allopathique de celle-ci peuvent, aussi, être éclairés du point de vue des pensées occidentales et extrêmes orientales. L'occident se caractérise par la volonté de "plier" le réel au bon vouloir de l'homme. "Se rendre maitres et possesseurs de la nature" comme disait Descartes. D'une manière quelque peu similaire, ce qui caractérise la technique pour Heidegger est sa capacité d'"arraisonnement", c'est à dire de convoquer le réel à se soumetre à la raison. Il y a là une sorte de "jeu de mot" qui dit bien les choses; la technique fait rendre raison au réel, au monde, à la vie, elle le prend à l'abordage (comme on arraisonne un bateau, sa cargaison) pour le soumettre. 

De ce point de vue, l'efficacité, en médecine moderne, se fonde plus sur la capacité d'obtenir le résultat souhaité (par exemple, faire baisser le taux de cholestérol d'un patient) sans une réelle et profonde réflexion tant sur la pertinence dudit résultat visé (est-ce vraiment si bénéfique ?) que sur la recherche d'une authentique utilité pour le patient (les patients vivent-ils vraiment plus longtemps et en meilleure santé avec un cholestérol abaissé ?)

Il est certain que c'est cette volonté folle de dominer le monde qui a permis les plus grandes découvertes occidentales. Il a fallu cette mégalomanie, cette terrifiante "volonté de puissance" pour inventer l'électricité, le téléphone, les voitures, les avions, aller sur la lune, produire de l'électricité par voie nucléaire,  mettre au point des vaccins, développer la chirurgie, effectuer des greffes d'organes, etc. Si l'occident avait été animé d'un respect "sacré" pour le monde, la nature et la vie, rien de tout cela n'aurait été possible. 

Il n'est donc pas question de dénigrer les apports de la science occidentale. Juste d'en souligner les limites très réelles qui nous font négliger toute une dimension du réel. Aussi ne peut-on qu'inviter à conjoindre à celle-ci une approche plus en "harmonie" avec la nature et les processus de la vie. Ce à quoi j'essaire de m'employer au plan théorique, ici, et sur le site "homéophilo". Ce à quoi, aussi, exerçant la médecine avec comme outils l'allopathie, l'homéopathie et l'acupuincture, j'essaie, quotidiennement, et modestement, de m'employer en pratique.