Mon dernier post a suscité davantage de réactions et commentaires qu'usuellement. Je m'en réjouis et en remercie chaque auteur. Je répondrai à plusieurs et vais commencer, ce jour, par le dénommé rover. 

Tout d'abord, je vous souhaite la bienvenue, cher confrère (car je crois comprendre que vous exercez la médecine) puisque vous découvrez ce  blog et vous remercie pour vos remarques qui vont me permettre de préciser certains points. 

L'amélioration des cas constatée à ce séminaire, comme celle de certains de mes pâtients constatés dans mon bureau, ne vient pas de la conviction conjointe patient ET thérapeute. Je ne vois dans votre remarque nulle une ironie mais y perçoit une juste, et saine, attitude de doute cartésien. Comment  être sur, me direz-vous, que cette amélioration peut, raisonnablement, être attribué au médicament prescrit ? On ne peut, bien sur, d'une certaine façon, jamais être sur de rien. Mais quand même. Des éléments objectifs plaident pour une amélioration des cas présentés (par mon confrère) par le médicament homéopathique. 

Tout d'abord, l'absence d'amélioration de tant de cas, patients convaincus ou non, moi de même, venant "sanctionner" une prescription inadaptée (c'est, évidemment, l'échec qui en signe l'inadaptation car j'ai la faiblesse d'assez souvent penser (et heureusement car sans cela l'exercice médical serait assez décourageant ou cynique) que ma prescription n'est pas "si mal" que cela) m'a, depuis longtemps, "fait toucher du doigt" qu'il ne suffit pas que je sois confiant et le patient aussi pour que l'amélioration soit au rendez-vous. De même, il n'est pas si rare que cela d'obtenir une agréable surprise "thérapeutique" alors que le prescripteur que je suis était un peu dubitatif sur sa prescription. 

Ensuite, quand je parle du visage du patient qui s'illumine, qu'ai-je voulu dire par là ? Je ne fais pas référence à quelque "belle image" mais à ce qu'une telle expression de soi, et "malgré soi", exprime et révèle. C'est à dire à l'amélioration "profonde" qu'elle suppose, amélioration qui doit (presque) tout au médicament prescrit. Car nulle compassion de ma part, ni confiance, même extrême de celle d'un de mes patients n'a jamais suffi à améliorer à un degré à ce point évident (et visible dès l'entrée du patient dans le cabinet, son regard, sa tenue, son pas s'étant comme allégé d'un poids énorme) un patient précédemment angoissé et prenant 5 ou 6 Lysanxia (pardon pour la pub) ou 2 ou 3 Lexomil (re pardon) par jour, aggrémenté, par exemple, d'un neuroleptique pour dormir. Les patients améliorés par de tels traitements allopathiques sont, bien sur, "mieux" qu'avant, moins angoissés, la peur se voit moins sur leur visage mais ils ne sont, du moins est-ce mon expérience, nullement "libérés" de celles-ci, nullement pleinement eux mêmes. Tout en eux exprime que le "mal" est toujours là, seulement "anesthésié". Rien de comparable avec l'épanouissement qui accompagne une profonde amélioration. Bien sur, de telles améliorations, si "profondes", ne sont pas le pain quotidien du médecin homéopathe mais elles ne sont pas rares pour autant. 

Qaund à l'esprit critique présent lors des réunions "allopathiques", je n'en disconviens pas, en fréquentant encore quelques unes. Mais l'esprit critique est présent en homéopathie aussi. L'est-il moins ? Cela arrive, en effet, trop souvent à mon goût (pour autant ce n'était nullement le cas de ce psychiatre homéopathe indien, ancien chef de service (allopathique) d'un hopital de Bombay). Et l'importance de l'esprit critique est un de mes "chevaux de bataille" auprès de certains de mes confrères homéopathes. Si cela vous intéresse, vous trouverez sur le site "homeophilo" (nettement plus "austère" hélas) des textes en ce sens, qui en appelle à plus de rigueur et d'esprit scientifique en homéopathie. 

Merci donc à vous, cher "rover", de rappeler à tous, l'importance de la rigueur et de l'esprit critique. Car ce n'est qu'au moyen de ces deux qualités si précieuses que l'on peut espérer tirer le meilleur bénéfice de toute pratique, y compris de l'homéopathie qui m'est si chère par toutes les satisfactions qu'elle me donne dans mon exercice médical quotidien et par les belles "transformations " qu'elle donne à voir chez certains patients.